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Édouard Vaillant



   Né à Vierzon le 29 janvier 1840, Édouard Vaillant commença son action révolutionnaire à l’âge de trente ans, malgré une origine familiale peu encline à favoriser une telle vocation. Son père, notaire et homme d’affaires, était un bourgeois attaché à sa condition sociale, pendant que sa mère, de vieille famille bourguignonne très pieuse, se trouvait très éloignée du socialisme athée de son fils.

   Édouard Vaillant vécut son enfance à Paris, dès l’âge de deux ans, une période entrecoupée de séjours en Touraine, à Salbris. Il fit dix ans d’internat au Collège Sainte-Barbe et passa son baccalauréat en 1857. Il entra alors à l’École Centrale et en sortit ingénieur des Arts et Manufactures en 1862. Il compléta sa formation scientifique pendant quatre ans, à la Sorbonne, au Collège de France et au Muséum d’Histoire Naturelle. Docteur en sciences en 1865, il partit en 1866 pour l’Allemagne où il fréquenta les universités de Heidelberg, Tüblingen et Vienne.

   Selon certaines thèses, son professeur à l’École Centrale, Priestley, pourrait être à l’origine de ses aspirations révolutionnaires. Pendant son séjour en Allemagne, Vaillant évolua vers un socialisme révolutionnaire d’inspiration blanquiste. Il adhéra à la section allemande de Genève de l’Internationale, mais ne perdit pas contact avec le mouvement politique français : il voyait toujours Félix Pyat et Jules Vallès.

   Dès 1870, il entra dans l’action. Il participa aux actions insurrectionnelles parisiennes du 4 septembre 1870 au 22 janvier 1871. Le 6 janvier 1871, il était l’un des signataires de l’Affiche rouge (proclamation au peuple de Paris pour dénoncer la trahison du gouvernement). Mêlé étroitement aux événements révolutionnaires, il est élu à l’assemblée communale du 8e arrondissement le 20 mars 1871. Nommé à la commission exécutive le 29 mars de la même année, il est ensuite délégué à l’Instruction publique.

   Vaillant fut en effet un auteur important de la Commune. Sa personnalité, sa culture, pesaient dans les décisions des assemblées dans lesquelles il siègeait. Il inspira ainsi quelques grandes décisions, notamment au niveau de l’Instruction publique, même si le temps lui manqua pour réaliser de grandes réformes. Il voulut hâter le passage d’un enseignement religieux à un enseignement laïc, jeta les bases d’un enseignement technique et d’un enseignement féminin et fit rouvrir les musées.

   Au cours de la « semaine sanglante », il participa aux actions et dut se cacher pendant deux jours avant de regagner Londres. Le 17 juillet 1872, le troisième conseil de guerre le condamna à mort par contumace. Mais, en réalité, l’exil lui coûtait moins qu’à ses camarades car il retrouvait le foyer de sa mère et fréquentait les milieux scientifiques londoniens.

   Ses relations avec Marx commencèrent en l’année 1871. Dès lors, ils eurent beaucoup d’affinités ; formation, culture, expériences politiques. Ils devinrent vite très liés, si bien que le 8 août 1871, Marx le fit rentrer au Conseil Général de l’Internationale. Vaillant adhérait en effet aux principales idées de son ami, comme notamment pour la constitution du prolétariat en parti politique.

   Au congrès de l’Internationale, Vaillant vota contre le transfert de celle-ci aux États-Unis, de sorte qu’il s’en retira et cessa pratiquement toute relation avec Marx. Il fit alors figure de chef de file des Blanquistes. Il rédigea le manifeste « A propos du Congrès de La Haye »daté du 15 septembre 1872, que signèrent entre autres Constant Martin et Gabriel Ranvier. Il fut également le principal auteur du texte communiste, révolutionnaire et athée « Aux Communeux » (juin 1874)

   Grâce à l’amnistie de juillet 1880, il rentra en France et réintégra le mouvement socialiste. Il milita alors beaucoup dans le Cher, notamment à Vierzon et Bourges, avec des succès plus francs pour la première ville, les ouvriers vierzonnais étant beaucoup moins calmes que les berruyers.

   D’autre part, Vaillant occupait une place de plus en plus importante dans le mouvement blanquiste, surtout depuis la mort de Blanqui, le 1er janvier 1881. Cette date marqua la création du comité révolutionnaire Central, qui se transforma le 1er juillet 1898 en parti socialiste révolutionnaire (le parti de Vaillant)

   Élu conseiller municipal de Vierzon et du XXe arrondissement à Paris le 11 mai 1884, Vaillant opta pour Paris. La même année il fut élu député et abandonna dès lors son mandat municipal. Au Parlement, il défendit les libertés communales et les droits de Paris. Il intervint sur des sujets tels que le budget, le commerce des blés, l’urbanisme, le travail des femmes et des enfants, le chômage et les attentats anarchistes.

   Vaillant soutint à l’assemblée beaucoup de projets socialistes dont il fut souvent le précurseur : la journée de 8 heures en janvier 1906 et en mars 1912, le projet de loi de 1910 concernant la création des retraites ouvrières, l’amélioration des prestations par l’augmentation des versements de l’État, la gestion ouvrière, l’extension de l’assurance à l’invalidité au chômage et la maladie. Il proposa d’autre part la création d’un Ministère du Travail, de l’hygiène et de l’ Assistance publique au cours des années 1894, 1898 et 1903.

   Opposé à Ferry et à ses ambitions présidentielles, il organisa en 1887 la Ligue pour la Défense de la République.

   Après le troisième Congrès de Lyon le 26-28 mai 1901, le PSR (Parti Socialiste Révolutionnaire) et le POF fusionnèrent en un Parti Socialiste de France (SFIO) dont Vaillant et Guesde furent les leaders.

   Vaillant, pour un leader socialiste, était un homme à l’allure bourgeoise. Assez distant, peu à l’aise pour s’exprimer en public, il inspirait pourtant le respect et était accueilli aux assemblées par un retentissant « vive la commune ! »

   Jusqu’en 1914, Vaillant tenta de préserver la paix. Il prônait une « politique pacifique et uniquement défensive » qu’il voulut faire adopter par la SFIO. Pourtant, la guerre déclarée en août 1914, il se rallia à l’Union Sacrée, ses sentiments patriotiques s’éveillant devant l’invasion de la France.

   Contesté sur plusieurs fronts, notamment par la nouvelle vague socialiste, fatigué, Vaillant s’éteignit à Saint-Mandé en 1915.

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