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Émile Deschamps

   Émile Deschamps de Saint-Amand, connu sous le nom de Émile, poète, naquit à Bourges, le 20 février 1791, où son père était directeur général de la régie des droits d’enregistrement.

   Enfant un peu étourdi, mais doué d’aptitudes merveilleuses, il fut, avec son frère Antony, élevé par une « sainte femme » qui depuis 30 ans vivait dans la maison austère de ses parents.

   Dès 1812 il composa une ode patriotique La paix conquise adressée au Comte de Las Cases, et qui fixa l’attention de Napoléon. En 1818 début de sa réputation et de ses succès. Il fit jouer alors avec Henri de Latouche, son compatriote deux comédies en vers qui furent accueillies à l’Odéon par des bravos enthousiastes , Selmour de Florian, en 3 actes, et Tour de faveur en 1 acte. Pièce charmante de ferveur et de style publiée sous le pseudonyme de « M. Bernard ». Elle connut plus de 100 représentations.

   Il fut un des disciples les plus fervents puis un des maîtres de la jeune école. Il déploya une grande audace, tempérée par cet esprit fin et de bon goût qui distinguait son talent et débarrassait la poésie de ses entraves.

   En 1814, il a 23 ans, la France envahie par les troupes coalisées, Napoléon fait appel à toutes les réserves pour résister. Le commandant de la forteresse de Vincennes, le général Daumesnil, lui-même amputé d’une jambe, ne dispose que d’environ 300 invalides. Heureusement il a près de lui des gardes nationaux, des soldats, et parmi eux, un berrichon, Émile Deschamps.

   Parmi quelques sous-officiers se trouvait un sergent-major, qui avait été « acheté » quelques années plus tôt par le père d’Émile afin de lui éviter la conscription. Depuis 4 ans il baroudait et avait perdu un bras lors d’une bataille. Ayant reconnu le jeune privilégié lors de son service au fort de Vincennes, il va gentiment s’appliquer à lui en faire baver... soi-disant pour l’initier au métier et faire de ce « bleu » un soldat d’élite. Bluchner investit la garnison et demande sa soumission, Daumesnil refuse de se rendre sauf « si on lui rend sa jambe », Bluchner fait couper à la source l’approvisionnement en eau. C’est alors que Daumesnil conçoit un stratagème, car sans eau, la garnison ne tiendra pas. Il demande un volontaire pour aller parlementer avec Bluchner : c’est Émile Deschamps qui se désigne, peut-être poussé par le sergent-major... Le lendemain matin il se présente à la sortie du fort avec une petite équipe d’éclopés et déclare : « nous souhaitons que vous nous laissiez quitter le fort, nous et d’autres qui suivront, car sans eau, nous allons tous mourir et le général et ceux qui resteront feront sauter le fort et les 50 km de galeries qui l’entourent ». Bluchner refuse toute négociation, et renvoie Émile et ses compagnons vers le fort. Quelques heures plus tard l’eau revient aux robinets, le bluff de Daumesnil, bien traduit par Deschamps avait marché. Émile avait su dominer sa peur, il s’était révélé un « brave ».

   Son père meurt en 1826. Cet homme donnait l’hospitalité de son salon aux poètes nouveaux : Lamartine, Victor Hugo, Alfred de Vigny, Charles Nodier, Soumet.

   Auparavant, en 1824, avec Victor Hugo il avait fondé : La Muse Française, le Jeune Moraliste. Les deux revues se réunirent pour demeurer : Le jeune moraliste du XIXe siècle.

   Esprit fin, vif, ingénieux, très féru de littérature étrangère, et de bons auteurs, Émile Deschamps, avait pour son compte l’intelligence assez large et assez souple pour ne renoncer en aucune façon au legs du XVIIIe siècle et pour s’orienter néanmoins vers l’avenir.

   Othello ou Le More de Venise joué le 24 Octobre 1829 fut un succès, une traduction en vers de Roméo et Juliette, quoique reçue à la Comédie Française, ne fut pas représentée. Ces deux ouvrages furent rédigés en collaboration avec Alfred de Vigny.

   La renommée du salon des frères Deschamps se prolongeait bien au-delà de Paris... Parmi ses nouvelles René-Paul et Paul-René, petit chef d’œuvre retraçant les affinités de jumeaux a probablement inspiré Alexandre Dumas (Les frères corses).

   Il publie des Études françaises et étrangères, recueil complet de ses poésies. La préface entre autre, obtint le suffrage de Goethe. De nombreuses œvres de Goethe que l’on croyait difficilement traduisibles, le furent par lui. Il collabora à nombre de revues et de journaux tant littéraires, qu’archéologiques, poétiques etc. Traducteur de Don Juan de Costi, qui sera représenté à l’Opéra, il collabora au poème des Huguenots, dont Scribe seul parut en être l’auteur.

   En 1839 il traduit Roméo et Juliette ainsi que Macbeth, bien que ces deux drames connurent un immense succès.

   Il se présenta sans succès à l’Académie Française : on lui préféra des gens de moindre talent, ou bien peut-être un homme politique.

   Après un poste de sous-chef de bureau au ministère des finances, il quitta la carrière administrative en 1848, se retira à Versailles, entouré de proches et d’amis fidèles. Souvent sollicité il ne se dérobait jamais.

   N’oublions pas qu’il côtoya les « Corinne » ainsi que l’on nommait Mme Sophie Gay, Delphine sa fille, qui épousera Émile de Girardin et Mme Desborde Valmore.

   Son frère Antony s’intéressa à la littérature italienne, traduisit Dante. Émile fit connaître la littéraire espagnole également, ainsi que des ballades populaires de l’Ecosse.


Odile Marcel.

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