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Gaëtan Gatian de Clérambault

  
    Gaëtan Clérambault naquit le 2 juillet 1872 à Bourges, d'une famille de souche tourangelle.

    Il reçut une éducation profondément catholique. En effet, enfant de chœur de Bourges, officier de la chapelle, il devint à 8 ans écolier à l'externat Sainte-Marie de Bourges. Il montra un grand attrait pour le travail, la diversité de ses succès scolaires l'attestant premier prix de mathématiques et de version grecque.

   En 1881, la famille de Clérambault quitta Bourges et s'installa à Guéret, et quatre ans plus tard, en janvier 1885, Gaëtan entra au collège Stanislas en troisième où il fut reçu premier sur cent, en mathématiques et cinquième en grec.

   Gaëtan resta au collège Stanislas jusqu'à son baccalauréat dont il passa les deux parties en 1887 et 1888. À ce moment, aucune vocation ne le sollicitait : l'art, la littérature (il écrivait des vers), la musique, la peinture l'attiraient également. Il suivit pendant deux ans les cours de l'École des Arts Décoratifs où il travailla sous la direction de Luc Olivier Merson. Sous l'influence de son père, il commença ses études de droit à la fin desquelles il entreprit des études de médecine à Paris.

   Externe des hôpitaux, puis interne des asiles de la Seine en 1898, il se spécialisa rapidement en psychiatrie et posa sa thèse en octobre 1899, sur l'othématome. En 1905 il fut nommé médecin-adjoint de l'Infirmerie spéciale des Aliénés de la Préfecture de Police mais la première guerre mondiale stoppa momentanément sa carrière. Il combattit sur tous les fronts. Blessé en 1915 à l'épaule droite, près de Soissons, il demanda à partir pour le Maroc. Il fit partie du premier régiment de marche d'Afrique. Et pour mieux comprendre et soigner les indigènes qu'on lui confiait, il s'astreignit à apprendre l'arabe.

   Clérambault s'engagea ensuite dans la mission antipalludique et alla combattre sur le front d'Orient. Blessé à la jambe assez grièvement, il fut soigné à l'hôpital de Salonique, où il retrouva des internes et des médecins des hôpitaux de Paris.

   Il passa sa convalescence à Fez, où il entreprit des études sur le drapé arabe. Clérambault fut un ardent patriote et mérita la croix de guerre avec palmes et la Légion d'Honneur.

   Après la guerre, en 1920, période où parurent ses principales publications sur l'Érotomanie et l'Automatisme mental, il est nommé médecin-chef de l'Infirmerie spéciale du dépôt. C'est là que Clérambault a édifié toute son œuvre psychiatrique. Pendant vingt-neuf ans, il a accumulé des observations dont il faisait le résumé chaque jour.

   Parallèlement, il montrait un esprit très curieux : toutes les sciences l'intéressaient, et les arts le passionnaient. Il parlait d'autre part couramment l'anglais, l'allemand, l'espagnol et l'arabe.

   Début 1934, un grand malheur se produisit pour lui : Il se fit opérer de la cataracte à Barcelone. Il retrouva une grande partie de sa vue mais pas la perception du relief. Cet handicap affecta grandement cet homme, qui possédait une puissance de travail illimitée, des amitié fidèles mais également un grand orgueil : il entourait ses idées d'une jalousie méfiante.

   Pendant les derniers mois de sa vie, Clérambault fut en proie à une anxiété croissante, due sans doute principalement à la maladie de ses yeux car la vision de l'art lui était désormais interdite. D'autre part, vers la même époque, une arthrite cérébrale l'immobilisa pendant des mois. L'inaction était insupportable pour lui et de plus l'amélioration de sa vue qui était apparue quelques mois ne dura pas. Clérambault se suicida en 1934.

   L'œuvre ethnographique :

   Elle porta sur le drapé arabe qu'il étudia pendant plusieurs années depuis ses voyages au Maroc en 1912 et 1919. Il étudia le costume arabe, cherchant à déceler les nuances du drapé selon les tribus, selon l'âge ou telle tendance religieuse ou ethnique. Il a rapporté de ses voyages des milliers de clichés photographiques.

   Clérambault faisait chaque année une communication à la société d'ethnographie. Il arrivait avec une valise contenant des petites poupées qu'il avait habillées lui-même avec des drapés différents. Il illustrait ensuite ses démonstrations sur un modèle vivant qu'il drapait des mêmes étoffes que les poupées. Il attachait une grande importance aux gestes qu'il fallait exécuter pour mettre les vêtements. Le fait de saisir une étoffe qu’il palpait avec respect était pour lui un art.

   L'œuvre psychiatrique :

   L'automatisme mental (terme créé par Clérambault) et les délires passionnels en forment l'essentiel. Le terme d'automatisme mental n'a pas été accepté par tous les psychiatres. Pour Clérambault, il « réunit un ensemble de symptômes psychiques pathologiques, précis et cohérents, dont l'apparition chez un sujet, dévoile aussitôt la nature délirante de la maladie ».

   Mais ces symptômes avaient déjà été étudiés et isolés auparavant. L'idée géniale de Clérambault fut de saisir l'origine commune de tous ces symptômes, de les réunir, de les classer, d'en former ainsi un syndrome d'automatisme mental, qui se traduit par des troubles psychiques et sensoriels s'imposant à l'esprit du sujet de façon brutale et automatique. Il en est ainsi du délire de persécution et des hallucinations. Ce n'est qu'en décembre 1923 que parut la première et définitive description du syndrome d'automatisme mental.

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