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Marcel BOUSSAC



   
Né à Châteauroux le 17 avril 1889, Marcel Boussac grandit avec ses deux frères Robert et Raymond, au Manoir de Grand’Cour dans le Boischaut.

    Dès 16 ans, il prit part aux affaires de son père, Louis Boussac, commerçant drapier en gros à Châteauroux.

    En 1907, à dix-huit ans, Marcel voulut s’installer à Paris. Grâce à une aide financière de son père, il établit une chemiserie rue de Chantilly. Il eut alors l’idée de vendre à meilleur marché des tissus nouveaux, plaisants et de bonne qualité. Le succès fut immédiat. Si bien que dès 1909, une trentaine de personnes travaillaient pour lui.

    En 1913, à vingt quatre-ans, Marcel Boussac a « réussi ». Cela lui permit d’être le quatrième jeune homme à Paris à posséder une Rolls Royce !...

    Il avait vingt-cinq ans lorsque l’ordre de mobilisation fut donné en 1914. Mais peu de temps après, déclaré « faible de constitution », il fut affecté dans ses usines vosgiennes, et réorganisa alors le ravitaillement en matières premières et en énergie.
Après la guerre, Boussac possédait une vingtaine d’usines. À vingt-sept ans, il avait déjà fait fortune. Mais il jeta la base de son empire textile en signant, le 3 février 1917, l’acte de constitution du Comptoir de l’Industrie Cotonnière. L’idée de génie de Marcel fut d’utiliser les stocks de toile d’avion pour confectionner des vêtements. Il fabriqua alors des millions de chemises, caleçons et blouses.

    Il se passionnait également pour les courses, acheta les haras de Fresnay-Le-Buffard dans l’Orne et de Jardy près de Versailles, réalisant son souhait de posséder le pur sang de classe internationale. Ses jockeys, habillés d’une casaque orange et d’une toque grise, remportèrent de nombreuses victoires.

    Une autre passion naquit lorsque, à vingt-six ans, il rencontra Marguerite de Ceuninck, dite Fanny Heldy, une cantatrice née en 1888 à Liège. Jeune femme brillante, elle émerveilla Boussac tous les soirs à l’opéra. Le couple reçut beaucoup d’hôtes au château de Mivoisin en Gâtinais. Ce domaine devint le rendez-vous de chasse des grands bourgeois de la politique et de la finance. Ils représentaient autant de soutiens non négligeables.

    La prospérité en France jusqu’en 1931 profita à l’empire industriel de Boussac.

    Contrairement à André Citroën ou Louis Renault, qui ont subi beaucoup de dommages, Boussac a acquis une dimension nationale pendant la deuxième guerre mondiale. Après le gouvernement de De Gaulle, Boussac retrouva de vieilles connaissances à des postes clés : Paul Reynaud (Président du Conseil), Édouard Herriot, Léon Blum, et Vincent Auriol. C’était l’âge d’or pour ce patron et propriétaire absolu d’un empire industriel employant 15 000 personnes et dont le nom était entendu et cité partout.

    Il était exigeant avec ses cadres mais montrait une réelle bonté pour ses ouvriers. Il exerçait une sorte de paternalisme (certains parlaient d’ouvriers « emboussaqués »). Ainsi maisons, logements, crèches, écoles, clubs, bibliothèques furent aménagés par Boussac pour faciliter la vie de ses employés.

    Entre 1945 et 1960, sa puissance était au summum, mais elle ne progressa plus, Boussac se lança dans la publicité : il mit sa griffe « Garantie Boussac », « satisfait ou remboursé » sur ses produits pour les protéger. Il fit connaître ses produits sous les marques Tissgar (mouchoirs), Romanex (tissus d’ameublement), Noveltex (chemises), Blizzand (imperméables) et obtint même en 1958 l’oscar de la publicité.

    Mais ce fut le nom de Christian Dior qui lui procura le plus de prestige. Ce fut par un pur hasard que Boussac employa le futur grand couturier. Il lui permit de créer sa propre maison, « Christian Dior - Haute Couture » en 1946. La première collection présentée le 12 février 1947 remporta un succès phénoménal.

    Les années 1960 marquèrent le début de la régression de l’empire Boussac. En fait, l’homme aimait peu les changements, qu’ils fussent politiques, économiques ou sociaux. Il ne s’adapta pas aux nouvelles conditions économiques apparues dans les années 1950 et 1960. De plus, contrairement à ses concurrents, Boussac n’a pas exploité le filon des industries textiles d’Asie du Sud-Est. Sans vraie politique de « marketing » le manque d’adaptation engendra des stocks surabondants de vêtements qui se vendaient moins bien. Boussac devint peu à peu débiteur de ses banquiers.

    Ne cessant d’accumuler les difficultés et surtout très affecté par la mort de sa femme en 1973, Boussac commença à décliner physiquement et psychologiquement. Vivant dans une semi-retraite, il perdit petit à petit, usines, chevaux et journaux. Il mourut en 1980, à l’âge de 90 ans à Dammarie-sur-Loing.

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