CGHB
Retour Accueil Le CGH-BAdhesion Bases disponibles Ecrivez-Nous
Éditions | Bibliothèques | 16Quartiers | Sommaire des Bulletins | Annuaires | Fichiers Gedcom | Questions-Réponses | Célébrités du Berry | Page précédente

 

Bascoulard


   
Marcel Bascoulard naquit le 10 février 1913 à Vallenay. Il vécut de nombreuses années à Saint-Florent avec sa famille, avant que sa mère, « dans un moment de démence » ne tue son père le 21 septembre 1932, alors qu’il avait dix-neuf ans. Bascoulard arriva en 1936 à Bourges, où sa mère était internée, pour se rapprocher d’elle.

    Il habita longtemps dans une maison qui devait être démolie, à l’emplacement de l’actuel quartier Avaricum, puis à Asnières dans plusieurs baraques, et enfin dans la cabine d’un vieux camion. On doit beaucoup à Rita Parissi, vivant alors à Asnières, qui put observer Bascoulard de 1967 à 1969 et qui consigna par écrit ses impressions. « Presque toujours, il mange froid [...] Il couche sur la « dure »..., pas de matelas, pas de literie [...]. Il ne veut pas posséder de montre ... De peigne, pour quoi faire ? Les doigts suffisent ». Matériellement, il avait, en effet, une existence plus que rudimentaire. Il n’avait pour compagnon que ses chats, qu’il préférait aux hommes : il en eut jusqu’à quatorze.

   Le peintre et poète se déplaçait avec son célèbre tricycle et errait dans Bourges à l’affût d’un monument ou paysage à dessiner. Dans les rues on le voyait longtemps debout, presque immobile, écrasant l’arrière de ses souliers, hiver comme été dans sa longue blouse grise, soutenant son vieux carton écorné sur lequel la feuille blanche devenait tableau.

   Bien qu’ayant suivi quelques cours à l’école des Beaux-Arts, qui se soldèrent par un échec, Bascoulard était en réalité un autodidacte : il fréquentait assidûment les librairies et la bibliothèque municipale. Il s’était ainsi lancé dans l’étude du russe, de l’allemand et du suédois et s’instruisit également en histoire de l’art.

   Il collectionnait les cartes de pays lointains dont il rêvait. Cependant, il voyagea peu, hormis quelques déplacements hors de Bourges. Il aurait aimé aussi être conducteur de locomotives, mais n’a pu qu’en collectionner les photographies et dessiner les voies ferrées.

   La précision, le souci des détails ont très vite séduit un public exigeant, si bien qu’il obtint des commandes pour des vues très demandées de Bourges, telles que la cathédrale, les principaux monuments et les vieilles rues de la ville.

   Son œuvre fut marquée par quatre périodes : la couleur avant 1940, le noir et blanc, puis une période abstraite et enfin une période blanche. Après 1940, on note très peu de couleurs dans son œuvre ou alors des teintes peu vives. Ce qui dominait, c’était le noir, le blanc, le gris, qu’il obtenait par l’encre de Chine et la sépia. Bascoulard avait, en effet, un goût très affirmé pour l’hiver, la grisaille, les cieux plombés des jours de neige, ce qu’il illustra parfaitement dans un poème d’août 1977 : L’été, grand outrage du pôle .

    De même, il y avait très peu de personnages dans ses œuvres. La présence des hommes était cependant toujours suggérée par des volets ouverts ou des lumières allumées. La nature occupait également une place assez restreinte, bien qu’il peignît quelques chemins de campagne enneigés. Dans la dernière décennie de sa vie, qui correspondrait à sa période abstraite et blanche, il changea de style : des traits plus légers, un blanc dominant, des réalisations plus abstraites, comme pour se détacher des modèles sans cesse demandés par sa clientèle.

   Il a ainsi immortalisé l’ancien quartier du cour Avaricum, voué à la démolition, proche de la rue Mirebeau, composé d’innombrables ruelles, dont la population avait mauvaise réputation. Des rues telles que celles de l’Équerre, du Charrier, des Écoles, Édouard-Vaillant..., ont suscité son intérêt, de même que l’alignement dissymétrique des maisons de quelques rues de la vieille ville.

   Bascoulard a su ainsi traduire le pittoresque des quartiers humbles de Bourges, prêts à disparaître, grâce à une expression simple, sans prétention, qui a séduit de nombreux observateurs et est restée dans les mémoires.

   Le peintre mourut assassiné à Asnières le 12 janvier 1978. Il laissa de nombreux poèmes, traduisant souvent sa passion pour les chats :

« Chat recherche paix et silence
Chat prudemment vit à l’écart
Mais montre entière déférence
Pour qui l’assied sur du brocart »

Révolte
7 mars 1950.

Ou son état d’esprit :

« Hélas, tout finit ! Même la gloire
Enlise, au temps, son souvenir
Qu’importe une longue victoire,
Puisqu’il faut ombre, devenir...»

« Je vois que fin avril bourgeonne
Lorsque l’air fleure l’agrément,
Le champ, alors, se badigeonne
D’un vert délicieux, amplement »

Juillet 1976.

Haut de page

COPYRIGHT 2004 www.genea18.org