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Marguerite Audoux

  

Romancière née à Sancoins dans le Cher, le 7 juillet 1863, Marguerite Audoux se nommait en réalité Donquichotte. Elle était la fille de Armand Donquichotte et de Joséphine Audoux, journalière.

    Le père, un enfant trouvé, fut appelé Donquichotte par un secrétaire facétieux, et fut éduqué par l’Assistance publique. Marguerite Audoux prit le nom de sa mère dès l’âge de quinze ans.

    Elle n’a que trois ans lorsque sa mère décède en octobre 1866, atteinte de tuberculose. Son père désemparé s’adonna à la boisson et il disparut abandonnant ses deux filles Madeleine-Marie et Marguerite-Marie à une voisine. Celle-ci les confia à une tante qui les remit le 24 mars 1868 à l’hôpital général de Bourges où les fillettes étaient toutes habillées du même uniforme triste et bien peu entourées d’affection.

    En 1876, la Mère Supérieure fit appeler Marguerite, pour l’informer de son départ, car elle souhaitait faire d’elle une bergère, alors que la propre sœur du curé, aumônier de l’hôpital, avait envisagé de la faire travailler dans son magasin de confection. Marguerite quitta donc Bourges, résignée, le 2 juin 1877, et partit pour la Sologne non loin de Sainte-Montaine, à Berrué, (Villevieille dans Marie-Claire), dans la ferme de Pauline et Sylvain Cherrier. Elle y garda des moutons. Travailleuse et attentionnée, elle fut appréciée de la famille. Eugène, le frère du fermier, l’aida dans ses lectures. Mais le fermier mourut et de nouveaux occupants reprirent la ferme.

    Marguerite partit pour Paris en 1882. Seule à dix-huit ans dans cette grande ville, sans le sou, elle vécut de petits travaux de couture, fut employée à la cartoucherie de Vincennes puis comme blanchisseuse à l’hôpital Laënnec. Elle passa ainsi cinq années de sa vie, dont elle ne parla plus par la suite, les quelques lignes tracées ayant été détruites par elle-même. Elle confectionna également des bonnets à domicile, dans sa petite chambre, « si petite, rapporte Octave Mirbeau, que pour s’installer à sa machine, il lui fallait déplacer le mannequin ».

    En 1886, sa sœur vint la voir et lui laissa sa fille Yvonne, quatre ans « pour quelques jours ». Madeleine ne revint jamais la chercher...

    Marguerite Audoux commençait dès cette époque à écrire ses souvenirs. Un jour, elle fit connaissance de Michel Yell, l’employé du bureau de poste, très désireux lui aussi d’écrire. Son meilleur ami n’était autre que Charles-Louis Philippe, le futur auteur de Bubu de Montparnasse qui échoua de peu au prix Goncourt. Il avait fréquenté Valery Larbaud, André Gide, ainsi que Jean Giraudoux. Marguerite Audoux se trouva « entraînée » dans ce cercle de jeunes poètes ou écrivains qui vivaient un peu la vie de bohème.

    De juillet 1901 à octobre 1902, en parallèle avec l’écriture de ses souvenirs, Marguerite écrivit trois poèmes en prose : Mon bien-aimé, Nouveau logis et Petite Abeille. Le 10 mai 1910, la Grande Reine publia l’œuvre de Marguerite Audoux : Marie-Claire, premier roman racontant les difficiles débuts dans la vie d’une orpheline de l’hospice de Bourges. Préfacé de Giraudoux, Fasquelle l’édita en octobre 1910, avec une préface de Mirbeau qui avait promu avec enthousiasme l’œuvre qu’il destinait au Goncourt. L’œuvre obtint finalement le 4 décembre 1910 le prix Fémina vie heureuse. Soixante-dix mille exemplaires auraient été vendus, selon Mirbeau.

    Elle fit à cette époque la connaissance d’Alain Fournier, qui avait écrit un article dans la NRF, intitulé : Marie-Claire, par Audoux, et d’ André Gide qu’elle retrouva au chevet de leur ami Charles-Louis Philippe, emporté brutalement à trente-cinq ans d’une fièvre typhoïde.

    Marguerite commença dès 1911 L’atelier de Marie-Claire, publié neuf ans plus tard, en 1920, d’abord en feuilleton dans le journal l’Excelsior, puis chez Fasquelle. À l’automne 1925, l’écrivain fut affecté par une typhoïde mal soignée, ce qui ne l’empêcha pas, l’année suivante, de voir publié De la ville au moulin en feuilleton par le journal, puis édité chez Fasquelle. En 1931, devant le succès des écrits de Marguerite, Flamarion lui demanda une œuvre. La fiancée parut chez cet éditeur en mars 1932.

    Bien qu’elle soit très handicapée par sa vue, Marguerite recueillit les trois enfants de sa sœur à la mort de celle-ci. Le 7 juillet 1933, à soixante-dix ans, elle décida d’écrire Douce Lumière. Lorsqu’elle fut rassurée sur le sort des enfants de sa sœur, elle partit pour Saint-Raphaël dans le Var. En 1937, sentant sa mort proche, elle confia le manuscrit de Douce Lumière à Paul d’Aubuisson son petit-neveu. Malade, toussant, affaiblie, elle fut transportée à l’hôpital où elle décéda le premier février 1937. Elle fut enterrée à Saint Raphaël, dans une tombe voisine de celle du Général Gallieni.

    Ainsi finit Marguerite Audoux qui « entra dans le monde en robe noire et en sortit de même, et dont les premières et dernières années s’écoulèrent dans un hôpital » (Liliane Patrigeon). Tous ceux qui ont approché l’écrivain ont été frappés par sa simplicité et sa bonté. Douce Lumière parut chez Grasset le 27 octobre 1937.

    Le musée Marguerite Audoux a été inauguré le 16 juin 1990 à Aubigny-sur-Nère. On peut y découvrir la bibliothèque et les meubles de l’écrivain, ses brouillons, manuscrits, lettres et livres de comptes de la couturière. D’autre part, à l’occasion du soixantième anniversaire de la mort de l’écrivain, une plaque commémorative a été apposée à l’entrée de l’immeuble dans lequel elle vécut vingt-sept ans, à Paris dans le XIVe arrondissement.


Odile Marcel.

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